Le Roi Lion : Une comédie musicale qui tient en deux étoffes colorées et trois bouts de carton

Apithérapie #01

Le 1er avril dernier, alors qu’une partie de la population profitait de la journée internationale du canular pour s’adonner à du fact checking, ne prenant pour une fois pas pour acquise la première information qui leur tombait sous les yeux, je profitais d’un moment de détente en famille au théâtre Mogador pour assister à une représentation de la comédie musicale du Roi Lion.

(Crédits : podculture.fr)

J’avais eu la chance de voir ce même spectacle sur Broadway au Noël 2008. Alors âgé de 11 ans, j’avais simplement profité des chansons et des jolis costumes des comédiens. Cette fois, c’est avec un peu plus de recul que j’y suis allé. Loin de la guerre en Ukraine, de la destruction de l’économie par les cryptomonnaies et les NFTs, de l’opposition permanente et insupportable entre traditionalisme candide et cancel culture irréfléchie, loin de tous ces sujets auxquels je ne connais rien mais qui pourtant me dépriment un peu plus chaque jour, je me suis donc assis à ma place L11 (vous pouvez regarder le plan, c’est une très bonne place), empli de l’espoir de passer une soirée hors du temps, de retour en enfance.

Je ne vais bien entendu pas vous résumer le spectacle, vous avez vu le film, et les ajouts de la comédie musicale valent suffisamment le détour pour que je vous encourage plutôt à vous procurer des billets pour les découvrir par vous-même, mais je tenais tout de même à partager mon expérience. La pièce ouvre bien entendu sur le Cercle de la Vie, musique mythique qui nous fait instantanément replonger en enfance. Magnifiquement portée par Ntsepa PITJENG-MOLEBATSI dans le rôle de Rafiki, la chanson nous permet de découvrir le décor : rocher des lions, savane, lumière chaude et faune abondante. Les animaux astucieusement représentés soit par des machineries simplistes, soit par des costumes finalement très minimalistes nous ramènent également aux spectacles de fin d’année de nos premières années d’écoles.

(Crédits : report-mag.com)

On navigue ensuite de lieux en personnages : Olivier BREITMAN interprétant un Scar acerbe et piquant chez les terribles hyènes laisse sa place à une Nala épique et intrépide que la voix de la comédienne Cylia élève à son paroxysme ; Simba s’éveille à son moi intérieur en affrontant le souvenir d’un Mufasa imposant devant une Rafiki jubilatoire ; les dizaines de seconds rôles s’agitent et donnent vie à la scène pour permettre aux personnages principaux de briller ; et nous, spectateurs, on applaudit, on chante, et à la fin, on se lève, on rend hommage à ces personnes qui, pendant près de 3h, se sont échinées à nous faire rêver. A ces techniciens qui préparent les décors, assurent la lumière et les effets sonores. A ces musiciens et leur chef d’orchestre qui en quelques mouvements nous incitent à nous sortir de notre paralysie corporelle quasi permanente. A la metteuse en scène, au chorégraphe et à tous ces métiers de l’ombre. Et bien sûr à ces comédiens qui ont tout donné, des plus jeunes aux plus anciens, des rôles les plus mineurs aux têtes d’affiche, pour que nous puissions nous évader, l’espace de quelques heures, dans un monde à part.

Alors que j’étais débout, les yeux encore pleins d’étoiles et la tête pleine de chansons, un autre spectateur est passé devant moi en disant à la personne qui l’accompagnait : “C’est fou de se dire qu’ils ont réussi à faire quelque chose d’aussi grandiose avec deux étoffes colorées et trois bouts de carton !”. Cette phrase m’a beaucoup donné à réfléchir. C’est vrai quand on y pense, que ce soit le scénario, les paroles des chansons ou les décors, rien n’est vraiment complexe ou compliqué.

(Crédits : linternaute.com)

J’ai toujours voulu amuser et divertir mon entourage autant que possible, mais je m’en sentais incapable, je pensais ne pas avoir suffisamment d’imagination. Pour pouvoir écrire ou parler, j’ai toujours eu besoin d’un matériau de base. Je ne crée pas : j’interprète, je détourne, ou pire, je me contente de relayer. D’où ma décision de me lancer dans le journalisme plutôt que l’art en choisissant le monde de l’écriture.

Cependant, cette remarque-là, ce simple commentaire naïf à la fin d’un beau spectacle, m’a redonné confiance en moi. Pas besoin d’avoir beaucoup, il suffit d’avoir ce qu’il faut. Je vais donc continuer à faire ce que je fais de mieux : interpréter, détourner, relayer, mais en parallèle je vais m’atteler à d’autres projets, plus personnels, dans l’espoir d’un jour pouvoir moi aussi

vous faire rêver avec les deux étoffes colorées et les trois bouts de carton qu’abrite mon esprit.

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